Les grès japonais aux enchères

Dans le domaine de la céramique, le Japon est considéré depuis le XVIIᵉ siècle comme le pays de production d’une porcelaine très appréciée des collectionneurs pour la pureté de sa translucidité et ses décors polychromes.

Pourtant, le pays s’illustre également par une production de grès, appréciée en Occident dès la fin du XIXᵉ siècle pour son esthétique épurée et son caractère naturel, et qui continue aujourd’hui de susciter l’intérêt sur le marché des ventes aux enchères d’art asiatique.

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La technique du grès

Le grès est une technique de céramique caractérisée par le travail d’une argile cuite à haute température, qui devient dense et peu poreuse, et généralement rendue imperméable par une couverte (glaçure) qui révèle les aspérités de la matière naturelle.

On connaît une production de grès au Japon depuis le Vᵉ siècle, répondant d’abord à des besoins techniques de stockage alimentaire. La technique aurait, d’abord, été importée par des artisans coréens.

Toutefois, le grès japonais connaît un véritable âge d’or entre le XVᵉ et le XVIIᵉ siècle, en lien avec le développement de la cérémonie du thé.

La production de grès au Japon s’illustre alors à travers différents centres de cuisson, notamment les fours de Mino, Iga et Karatsu.

Cette période est propice au développement de nouveaux décors, tels que les grès ornés de peintures à l’oxyde de fer. C’est également à cette époque que la technique du raku, abréviation de raku-yaki, est mise au point au Japon. Elle s’inscrit dans une réforme de la cérémonie du thé marquée par une esthétique du dépouillement.

La technique du raku repose sur une cuisson à basse température. Les pièces recouvertes d’émail sont cuites dans un four à environ 1000 °C avant d’être recouvertes à chaud de matières inflammables naturelles, comme de la sciure de bois.

Cette technique provoque l’apparition de couleurs plus ou moins métallisées, de craquelures et d’effets d’enfumage.

Les usages des grés japonais

Le développement des grès japonais est étroitement lié à celui de la pratique du thé battu, ou matcha, qui consiste à battre avec un fouet de la poudre de thé dans de l’eau chaude.

Introduite d’abord dans les monastères zen, cette pratique devient progressivement une véritable activité sociale.

Au XVIᵉ siècle se développe le style du wabicha, qui prône la sobriété dans le déroulement de la cérémonie et dans le choix des objets.

C’est pourquoi de nombreux objets en grès produits au Japon et aujourd’hui collectionnés en Occident sont liés à la cérémonie du thé : bols à thé (chawan), pots à poudre de thé (cha-ire), pots à eau (mizusashi), ou encore récipients destinés à présenter les aliments.

Mais les objets en grès sont également produits pour la consommation du saké, avec notamment une grande production de bouteilles à saké (tokkuri), ainsi que de vases à fleurs (hana-ike) utilisé dans la pratique de l’ornement floral et destinés à orner les alcôves ou les salles de réception.

L’esthétique des grès japonais ou le Wabi Sabi

Le grès japonais relève d’une notion esthétique fondamentale : celle du wabi-sabi caractérisée par le goût pour l’irrégularité, l’imperfection et les marques laissées par l’usage ou le passage du temps.

Le wabi-sabi est développé au cours du XVIème par Sen no Rikyu (1522-1591) qui initie une rénovation de la cérémonie du thé marquée par des valeurs de simplicité, de modestie et de naturel.

Pour les Occidentaux, longtemps habitués à la blancheur et à la perfection de la porcelaine, ces objets peuvent sembler déroutants, car ils se distinguent par leurs formes libres, irrégulières, imparfaites, et leurs glaçures aux couleurs souvent terreuses qui évoquent la glaise, ou les teintes de l’aube ou du crépuscule.

La technique du kintsugi illustre particulièrement cette esthétique. Cette méthode de restauration des céramiques consiste à réparer les cassures avec de la laque saupoudrée d’or. Plutôt que de dissimuler la fracture, elle la met en valeur, exprimant l’acceptation du caractère éphémère de la vie et la dégradation inévitable de la matière.

Quels critères pour déterminer le prix d'un grès japonais ?

La valeur des grès japonais sur le marché de l’art dépend de plusieurs critères. Parmi les plus déterminants figurent l’origine de la pièce et son attribution à un four ou à un atelier reconnu, la présence d’une signature ou d’un sceau, la typologie de l’objet, son ancienneté, ainsi que son état de conservation.

La provenance joue également un rôle important : une pièce issue d’une collection prestigieuse ou documentée peut voir sa valeur significativement augmenter. Les objets liés à la cérémonie du thé occupent une place centrale sur le marché, notamment les bols à thé (chawan), les pots à poudre de thé (cha-ire) ou les pots à eau (mizusashi).

Ces pièces sont particulièrement recherchées car elles incarnent directement l’esthétique du wabi-sabi et l’histoire de la pratique du thé au Japon.

Aux enchères : Bol à thé de style Shodai - Grès émaillée - Modèle créé vers 1685 - 10,5 cm - Note : Accompagné de sa boîte en bois d’époque Meiji. Le style Shodai a également été appelée gotokuyaki, ce qui signifie 'cinq vertus'. Adjugé 2500€.

Bol à thé – Chawan – en grès de forme circulaire à fond brun décoré de couvertures de livres japonais avec textes en noir et rouge de cuivre. Signature incisée au revers. 17/ 18ème siècle. Adjugé 1250€

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Quelle est la valeur des grès japonais aux enchères ?

Aujourd’hui, les prix des grès japonais peuvent varier considérablement. Des pièces tardives ou issues de productions plus communes peuvent être acquises pour quelques centaines d’euros, ce qui permet encore la constitution de collections relativement accessibles.

Ainsi, un vase de la période Heisei (1989-2019) a été présenté à la vente en 2021 à Paris avec une estimation de 300/500 euros.

À l’inverse, des pièces attribuées à des lignées prestigieuses de céramistes tels que Shōji Hamada (1894-1978), Kawai Kanjirō (1890-1966) ou Tatsuzō Shimaoka (1919-) ou à des fours historiques peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Par exemple, un bol à thé du XIIIème siècle avait trouvé preneur à New York pour 450 300 euros. 

Sur Interenchères, voici quelques résultats :

Shoji HAMADA (1894-1978) - Vase-bouteille quadrangulaire en grès à décor central d'un branchage stylisé.25,5 x 19 x 10 cm. Adjugé 10 000€.

Kanjiro KAWAI (1890-1966) - Bouteille à saké en grès - H: 20 cm Acquisition à Kyoto. Adjugée 725€

Shimaoka TATSUZO (Japon, 1919-2007) - Plateau carré en grès à couverte grise, verte et brune, les ailes ornées d'un motif de damier irrégulier. Signature incisée Ta (タ) au revers. Boîte de rangement (tomobako) d'origine portant la signature Tatsuzo et son cachet Tatsuzo, et inscrit " Plat carré en grès couvert à décor zogan ". Adjugés 1650€

Shoji HAMADA (1894-1978) - Bouteille - Grès et engobe marron - Circa 1950/60 H: 21cm. L: 12cm. P: 7cm. Adjugée 4845€

Shimaoka Tatsuzô (1919-2007) - Mashiko - chawan (bol à thé) - grès émaillé décor dit jômon zôgan - marque au dessous- boîte originale signée par l'artiste - diam. 13,9 cm, h. 8,6 cm - Adjugé 750€

Grès Japonais aux enchères - Estimations et adjudications

Quels records lors des ventes de grès japonais ?

Enfin, le marché des céramiques d’Extrême-Orient a été marqué par quelques ventes spectaculaires qui témoignent de l’intérêt international pour ces objets.

En 2017, un bol en grès de la dynastie Song à glaçure dite « fourrure de lièvre », très apprécié dans la culture japonaise du thé (tenmoku), a été adjugé 37,7 millions de dollars chez Sotheby’s à Hong Kong.

Bien qu’il s’agisse d’une production chinoise, ce type de céramique a profondément influencé l’esthétique japonaise et les collections liées à la cérémonie du thé.

Comment faire estimer gratuitement vos grès japonais ?

L’expertise d’un grès japonais peut s’avérer particulièrement délicate, tant les critères d’évaluation sont nombreux et parfois subtils : époque, provenance d’un four reconnu, qualité de la cuisson, signature de l’artiste ou encore état de conservation.

En cas de doute ou pour obtenir une estimation fiable, les commissaires-priseurs et experts de Pastor Maison de Ventes se tiennent à votre disposition pour une expertise gratuite et confidentielle.

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