Magic: The Gathering (Magic : L'Assemblée en Français), souvent appelé Magic ou MTG, est un jeu de cartes à collectionner inventé en 1993 par un mathématicien féru de jeux de société, Richard Garfield.
Les cartes Magic sont éditées par Wizards of the Coast, société fondée par Peter Adkison en 1990 dans la périphérie de Seattle. Pour les joueurs, Magic: The Gathering est considéré comme un des jeux les plus complexes au monde. Et pour les collectionneurs, une carte s’est vendue 3 millions de dollars en 2024 !
Depuis la création du jeu en 1993, on estime que l'éditeur Wizards of the Coast a produit environ 22 630 cartes uniques. Ce jeu compte aujourd'hui plus 50 000 cartes (et en incluant les cartes promotionnelles, les jetons, les cartes d'art et les versions alternatives non anglaises, le nombre total de cartes Magic: The Gathering dépasserait les 84 000).
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Richard Garfield est né le 26 juin 1963 à Philadelphie. Il développe très tôt un attachement pour les jeux qui lui serviront à briser la barrière de la langue avec d'autres enfants, lorsque son père architecte travaille à l’étranger. De retour aux États-Unis, il lit des articles sur Dungeons & Dragons. Cependant ses nouveaux amis ne possèdent pas ce jeu, pas plus que les magasins locaux. Il développe alors sa propre version, sur la base des descriptions qu’il avait lu. De cette vision va naitre Five Magics, fondé sur cinq magies élémentaires.
En 1991, alors doctorant en mathématiques combinatoires, Garfield développe RoboRally et cherche à l'éditer. Sa rencontre avec Peter Adkison, fondateur de Wizards of the Coast, s’avère décisive. RoboRally est jugé trop complexe à produire pour la jeune société, et Adkison exprime le besoin d’un jeu portable pouvant être joué pendant les temps morts fréquents durant les conventions de jeux.
Garfiel reprend alors le concept de Five Magics en l’appliquant à des cartes à collectionner associées à des couleurs. Il introduit l’idée révolutionnaire de decks personnalisables, où chaque joueur construit son identité stratégique unique. Lors d'une nouvelle rencontre, le concept séduit immédiatement Adkison, qui perçoit le potentiel économique d’un jeu extensible à l’infini, reposant sur l’ajout constant de nouvelles cartes.
Les premiers prototypes, réalisés avec des illustrations testés en milieu universitaire, valident rapidement le potentiel du projet. Environ six mois après la rencontre avec Adkison, Garfield finalise la première version complète du jeu. Durant la majeure partie des phases de test, le jeu fut simplement appelé Magic. Ce nom était cependant trop générique pour être déposé comme marque. Après des consultations juridiques, il fut décidé d’adopter le titre Magic: The Gathering. De plus, cela laissait la possibilité à de futures extensions d'avoir d'autres sous-titres, comme Magic : Arabian Nights.
La première édition de Magic: The Gathering devait officiellement sortir le 5 août 1993. Cependant MTG n’a pas connu un lancement parfaitement bien huilé, principalement lié à l'impression et à la logistique des cartes. Garfield rejoint Adkison à Gen Con où la livraison des cartes est prévue pour la convention (elles arriverons avec plus d'une journée de retard, le vendredi après-midi vers 13h).
Face à un stock largement insuffisant, les équipes doivent rationner les ventes le jeudi et vendredi matin. Mais ce contretemps se transforme finalement en levier marketing : la rareté du produit attise la curiosité, alimente le bouche-à-oreille et contribue à faire de Magic un phénomène immédiat au sein de la communauté des joueurs. Voir la vidéo de Vintage MTG avec Peter Adkison ci-dessous qui est passionnante.
Cette édition de base Alpha (LEA) comporte 295 cartes (116 rares, 95 peu communes, 74 communes, 10 terrains de base).
Imprimées à 2,6 Millions d'exemplaires en bord noir* sans symbole. Alpha était vendue en boosters de 15 Cartes (1 rare, 3 peu communes, 11 communes) et Starters : (2 rares, 13 peu communes, 45 communes, 1 livret de règle).
Alpha constitue la première édition du jeu. Présentée en avant-première à l'Origins Game Fair en juillet 1993, elle fut mise à la disposition du public le mois suivant, à partir du 5 Août 1993. Wizards of the Coast espérait les vendre en six mois, elles furent toutes vendues en six semaines.
* Il est à noter que les cartes de la première édition Alpha sont toutes en bord noir, et disposent d'un format unique différent de celui des éditions suivantes (les coins des cartes étaient nettement plus arrondis). L'aspect des cartes au lancement du jeu était très différent de celui des cartes actuelles. Le design de chacune d'entre elles était alors constitué d'un cadre beaucoup plus important que ceux existant de nos jours et dont les coloris étaient différents. Enfin, l'édition comporte de nombreuses erreurs qui seront corrigées lors de l'impression de Beta.
La version Beta Magic: The Gathering (LEB) sort en octobre 1993. Mis à part quelques modifications, c'est une exacte réédition d'Alpha qui était alors complètement épuisée au niveau de sa distribution commerciale.
7,3 millions de cartes sont alors imprimées et cette version comporte 302 cartes toujours en anglais (117 rares, 95 peu communes, 75 communes et 15 terrains de base).
Chaque booster de Beta comprend onze cartes communes, trois peu communes et une rare. Chaque starter comprend vingt-sept cartes communes, neuf peu communes, deux rares et vingt-deux terrains. La principale différence entre les éditions Alpha et Beta réside dans le fait que les cartes Alpha ont des coins plus arrondis. Les cartes Beta acquièrent la dimension standard de la carte Magic qui restera la même jusqu'à nos jours.
Cette édition a également effectué des corrections : elle comprend deux cartes supplémentaires qui avaient été oubliées en Alpha (Île Volcanique et Cercle de Protection : Noir), une illustration supplémentaire pour chaque type de terrain de base, et de nombreuses révisions de cartes afin de corriger des erreurs d'impression.
Les cartes de l'édition Unlimited sont la deuxième édition de MTG (2ED) et sont strictement identiques à celle de Beta. L'édition Beta s'étant vendue en moins d'un mois, elles furent rééditées en masse (40 millions de copies) afin de satisfaire la clientèle exponentielle du jeu.
Wizard of the Coast décide pour cette réimpression, de faire passer les bords noirs des cartes Beta en blanc. Il est important de noter que ce sera une constante au fil des éditions du jeu : les cartes des extensions initiales seront toutes en bord noir tandis que les rééditions seront toutes en bord blanc.
Alpha, Beta et Unlimited sont souvent considérés comme étant le même set, ce qui est le cas puisque Beta n'était qu'une réimpression de Alpha (avec quelques corrections) et que Unlimited n'est qu'une réimpression de Beta, les trois n'étant parues qu'en anglais et aux États-Unis la même année.
Néanmoins, Wizard of the Coast considère que Alpha et Beta font partie de la première édition, une édition considérée comme rare et mise en valeur par le fait qu'il s'agit des seules cartes du set de base à exister en bord noir. La version Unlimited reste une deuxième édition.
Le "Power Nine : la première édition de Magic incluait parmi les cartes les plus puissantes et les plus efficaces jamais rencontrées au fil des éditions. Neuf d'entre elles sont particulièrement célèbres pour leur rareté et leur très forte valeurs dans les cotations. Ces cartes n'ont en effet jamais été rééditées au-delà de l'édition Unlimited.
Ces 9 cartes - Black Lotus, Ancestral Recall, Time Walk, Mox Pearl, Mox Sapphire, Mox Jet, Mox Ruby, Mox Emerald et Timetwister - de par leur puissance disproportionnée sont bannies de tous les formats de tournois (Standard, Modern, Legacy,...) excepté le Vintage dans lequel elles sont tout de même restreintes à 1 seul exemplaire de chaque carte par deck.
Aux enchères, la valeur de ces cartes sont très élevés.
En France, certains spécialistes du monde du jeu commencent à entendre parler de Magic: The Gathering dès 1993.
Magic: The Gathering a défini le genre du Jeu de Cartes à Collectionner (JCC ou TCG en anglais). L’idée fondatrice repose sur des cartes vendues en paquets aléatoires, que les joueurs collectionnent, échangent et utilisent pour construire leurs propres decks. Chaque carte, illustrée et dotée de règles précises, se divise en deux grandes familles : les terrains, sources d'énergie indispensables appelé « mana », et les sorts, qui regroupent créatures, artefacts, enchantements et autres effets magiques.
Chaque joueur va composer son deck de 40, 60 ou 100 cartes, en fonction du format de jeu. Dans les années 90, l’arrivée de Magic est une vraie révolution. Des licences comme Pokemon et Yu-Gi-Ho! vont rapidement lui emboîter le pas. D’une façon plus générale, les créateurs de jeux vont s’inspirer de Magic et se servir de ce principe de cartes avec des illustrations en haut et des pouvoirs en bas.