Napoléon III : les francs en or, témoins du Second Empire
Les monnaies en or de 20, 50 et 100 francs Napoléon III témoignent des transformations politiques, économiques du Second Empire. Du portrait à tête nue à la couronne de laurier, elles illustrent l’évolution de la représentation du pouvoir impérial. Leur année de frappe, leur atelier et leur état de conservation permettent également de distinguer les différentes émissions et d’en déterminer la valeur.
En résumé :
- Les monnaies de 20, 50 et 100 francs or témoignent de l’évolution du pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte de la Deuxième République au Second Empire.
- De nombreux aspects et particularités sont à prendre en compte pour déterminer la valeur d’une monnaie.
- Ces monnaies contiennent 90 % d’or. Leur poids et leur diamètre varient selon la valeur faciale.
- Chez Maison Pastor, les ventes de monnaies sont sans frais vendeur.
Comment reconnaître les francs en or de Napoléon III ?
Identifier les pièces de 20, 50 et 100 francs or
Avant les émissions impériales, une pièce de 20 francs or au nom de Louis-Napoléon Bonaparte est créée sous la Deuxième République. Millésimée 1852, elle présente son portrait tête nue à l’avers, accompagné de la légende « Louis-Napoléon Bonaparte ». Le revers conserve la mention « République française ».
Après la proclamation de l’Empire en 1853, la titulature devient « Napoléon III Empereur ». La titulature désigne les titres officiels inscrits sur une monnaie.
Les trois pièces ont un titre de 900 ‰ soit 90 % d’or. Leur poids augmente proportionnellement à leur valeur faciale. Une pièce de 100 francs contient ainsi cinq fois plus d’or qu’une pièce de 20 francs.
Valeur | Années : tête nue | Années : tête laurée | Poids (grammes) | Diamètre (millimètres) |
20 francs | 1853 – 1860 | 1861 – 1870 | 6,45 | 21 |
50 francs | 1855 – 1859 | 1862 – 1868 | 16,13 | 28 |
100 francs | 1855 – 1859 | 1862 – 1870 | 32,26 | 35 |
La valeur inscrite au revers correspond à la valeur faciale de la monnaie. Le poids et le diamètre constituent également des repères utiles pour distinguer les trois modules, c’est-à-dire les différents formats des pièces.
L’expertise permet ensuite d’en vérifier l’authenticité.
Distinguer les portraits à tête nue et à tête laurée
Sur les premières émissions impériales, Napoléon III est représenté de profil à droite, avec sa moustache. Son portrait est entouré de la légende « Napoléon III Empereur » et porte la signature « Barre » sous le buste.
Le portrait évolue ensuite avec l’adoption d’une couronne de laurier, symbole de victoire et de pouvoir depuis l’Antiquité. Cet attribut rappelle également les représentations monétaires de son oncle, Napoléon Ier.
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Observer le revers, la tranche et les marques d’atelier
Sur les 20 francs tête nue, la valeur et l’année figurent au revers, au centre d’une couronne végétale.
Le type à tête laurée adopte un revers plus élaboré. Les armes impériales occupent le centre de la composition héraldique, c’est-à-dire un ensemble de symboles représentant le pouvoir impérial. La valeur apparaît de part et d’autre.
Les 50 et 100 francs présentent ces mêmes armoiries dès leurs émissions à tête nue. La légende « Empire français » complète le revers.
Les différents sont de petits symboles qui permettent notamment d’identifier le directeur d’atelier monétaire ou le graveur. Leur emplacement varie selon les émissions. Ils peuvent figurer à l’avers ou au revers à proximité de l’année et de la lettre d’atelier.
Sur les trois valeurs, la tranche porte l’inscription en relief « Dieu protège la France ».
La lettre d’atelier et les différents permettent de distinguer certaines émissions et peuvent influer sur leur valeur aux enchères.
Quelle place occupe l’or sous le Second Empire ?
Les découvertes d’or et leurs effets sur la circulation monétaire
Les découvertes de gisements d’or en Californie en 1848, puis en Australie, à partir de 1851 augmentent les quantités de métal disponibles.
Ce nouvel afflux modifie l’équilibre entre l’or et l’argent sur les marchés internationaux. En France, le système du franc germinal, fixé en 1803, repose sur un rapport légal entre les deux métaux.
Les pièces d’argent finissent alors par contenir un métal dont la valeur marchande dépasse leur valeur faciale. Elles sont donc progressivement exportées. L’or prend une place considérable dans la circulation monétaire française, tandis que les frappes de pièces en or augmentent.
Les 20, 50 et 100 francs de Napoléon III s’inscrivent naturellement dans cette évolution.
Modernisation économique et prestige sous le Second Empire
Élu président de la République au suffrage universel masculin en 1848, Louis-Napoléon Bonaparte devient empereur en 1852, un an après son coup d’État. Autoritaire à ses débuts, le Second Empire engage de nombreuses transformations économiques et sociales.
Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon (1760-1825), est un philosophe et penseur français qui voit dans le progrès industriel un moyen de transformer la société. Ses idées influencent Napoléon III, qui fait de la modernisation économique l’une des priorités de son règne. Le développement du crédit et des banques facilite le financement des entreprises et des grands travaux
L’essor des chemins de fer favorise les échanges commerciaux, tandis que les travaux de Georges-Eugène Haussmann transforment profondément la capitale à partir de 1853.
Le Second Empire cherche également à affirmer son prestige à travers les Expositions universelles organisées à Paris en 1855 et 1867. Ces manifestations mettent en valeur les progrès industriels et le savoir-faire français face à celles des autres pays. Elles participent ainsi au rayonnement du régime impérial.
Les monnaies au service du prestige impérial
Les monnaies participent elles aussi à la représentation du pouvoir sous le Second Empire. Le portrait de Napoléon III apparaît sur des pièces destinées à circuler dans tout le pays.
Les symboles impériaux occupent une place importante du décor. La couronne de laurier évoque la victoire, tandis que l’aigle et les armes impériales affirment l’autorité du régime.
Par leur circulation dans tout le pays, ces monnaies contribuent à diffuser le portrait de Napoléon III et les symboles de son pouvoir.
La guerre franco-prussienne met fin à cette période. Napoléon III est fait prisonnier après la capitulation de Sedan le 2 septembre 1870. La République est proclamée deux jours plus tard à Paris.
L’année 1870 marque ainsi la fin des 20 et 100 francs à son effigie. Les émissions de 50 francs s’étaient arrêtées en 1868.
Quels critères déterminent la valeur des francs en or de Napoléon III ?
La quantité d’or, la rareté et l’état de conservation
La quantité d’or contenue dans la monnaie constitue un premier repère pour l’estimation. Une pièce de 20 francs contient 5,81 grammes d’or fin, contre 14,52 grammes pour une 50 francs et 29,03 grammes pour une 100 francs.
D’autres critères interviennent dans l’estimation : l’année, l’atelier de frappe et la fréquence de l’émission sur le marché des enchères.
L’état de conservation a aussi un rôle essentiel. L’usure des reliefs, les rayures, les chocs et les traces de nettoyage seront pris en compte pour évaluer la pièce.
Les monnaies françaises sont traditionnellement décrites à l’aide de plusieurs degrés de conservation parmi lesquels :
- FDC : Fleur de Coin
- SPL : Splendide
- SUP : Superbe
- TTB : Très Très Beau
- TB : Très Beau
- B : Beau
Deux monnaies ayant la même valeur faciale et la même année peuvent donc présenter des estimations différentes selon l’atelier de frappe, les particularités et l’état de conservation.
Quelques émissions et variantes à examiner
Certaines émissions sont moins fréquentes et méritent donc un examen plus attentif. Trois exemples illustrent ces particularités :
- La 20 francs de 1855 frappée à Lyon présente plusieurs variantes du différent. Les exemplaires dits « petit lion » et « grand lion » sont deux références distinctes, malgré une même année et un même atelier.
- La 50 francs tête laurée de 1868 frappée à Strasbourg correspond à la dernière année d’émission de cette valeur sous Napoléon III.
- La 100 francs tête nue de 1858 frappée à Strasbourg présente un tirage très faible, ce qui peut justifier une attention particulière.
Cette liste n’est pas exhaustive. D’autres exemplaires peuvent présenter des particularités intéressantes pour une vente aux enchères.
Faire estimer et vendre ses monnaies Napoléon III chez Maison Pastor
L’expertise permet d’examiner l’ensemble de ces critères, de vérifier l’authenticité de la monnaie et d’établir une estimation adaptée à ces caractéristiques.
Pour obtenir une première estimation, transmettez à Maison Pastor des photographies des deux faces et de la tranche, ou présentez directement la monnaie à l’étude.
Les estimations sont possibles en ligne et partout en France. Les ventes de monnaies sont sans frais vendeur.
Foire aux questions
Quelle est la valeur d’une pièce de 20 francs Napoléon III ?
Sa valeur dépend de l’or qu’elle contient mais aussi de l’année, de l’atelier de frappe et de son état de conservation.
Comment vendre un Napoléon aux enchères ?
Une expertise préalable permet d’identifier votre monnaie et d’obtenir une estimation avant sa mise en vente aux enchères.
Quelle est la différence entre un Louis d’or et un Napoléon d’or ?
Le louis d’or désigne une monnaie de l’Ancien Régime. Le terme “Napoléon d’or” désigne généralement une pièce française de 20 francs en or.
SOURCES
- Vilar, P. (1974). Or et monnaie dans l’histoire, 1450 – 1920. Flammarion.
- Babelon, J. (1963). Les monnaies racontent l’histoire. Résurrection du passé, Fayard.