6 novembre 2026 16h47
À trente ans, Napoléon Bonaparte devient Premier consul après le coup d’État des 18 et 19 brumaire an VIII, soit les 9 et 10 novembre 1799, qui renverse le Directoire et ouvre la période du Consulat. Moins de cinq ans plus tard, le 18 mai 1804, il devient empereur des Français, avant d’être sacré à Notre-Dame de Paris le 2 décembre de cette même année.
Cette ascension politique qui accompagne une profonde réorganisation de la France après dix années de Révolution, se lit aussi sur les monnaies. Des premières 20 et 40 francs or du Consulat aux émissions impériales, portraits, légendes, dates et ateliers évoluent avec le régime. Alors comment savoir si votre monnaie appartient à une émission recherchée des collectionneurs ?
Chez Maison Pastor, les ventes aux enchères de monnaies sont sans frais vendeur (0%). La taxe sur les métaux précieux est également prise en charge lorsqu’elle s’applique.
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Selon la nature de la collection, l’expédition des monnaies peut être prise en charge à titre gracieux. Un dépôt est également possible dans l’un de nos bureaux d’expertise.
Portrait de Napoléon, lithographie d’après un portrait d’Antoine Maurin.
Vendu le 20 août 2026
Photo : Paul Pastaud Maison de ventes, Limoges
Les 20 et 40 francs Bonaparte présentent un même titre de 900‰ d’or. Leur principale différence réside dans leur valeur faciale, leur poids et leur module : la 20 francs pèse 6,45 grammes pour un diamètre de 21 millimètres, contre 12,90 grammes et 26 millimètres pour la 40 francs. Leur iconographie est très proche : à l’avers Bonaparte est représenté tête nue, tourné vers la gauche, entouré de la légende « Bonaparte Premier consul ».
Au revers, la valeur faciale « 20 francs » ou « 40 francs » figure au centre, dans une couronne formée de deux branches d’olivier. La légende « République française » rappelle que ces premières émissions appartiennent encore au régime consulaire. La date figure également au revers selon le calendrier républicain, accompagnée de la lettre correspondant à l’atelier de frappe. La tranche porte l’inscription en creux « Dieu protège la France ».
Le portrait des premières émissions du Consulat est réalisé par Pierre-Joseph Tiolier (1763-1819), graveur général des Monnaies. Sous l’Empire, Jean-Pierre Droz (1746-1823) intervient dans la gravure du portrait de Napoléon, tandis que Tiolier demeure graveur général et participe au revers de certaines émissions.
Malgré leur différence de valeur et de module, les 20 et 40 francs partagent ainsi une même identité visuelle. Les transformations apportées dans les années suivantes au portrait, à la titulature et aux légendes vont cependant faire évoluer ces deux monnaies, au rythme des changements du régime napoléonien.
France, 20 francs or Bonaparte Premier Consul tête nue à gauche, an XI, A (Paris).
Vendue le 21 novembre 2024
Photo : Vermot & Associé
Les premières émissions de Bonaparte et de Napoléon Ier permettent de suivre le passage du Consulat à l’Empire à travers le portrait et les légendes. De « Bonaparte Premier Consul » à « Napoléon Empereur », de la tête nue à la tête laurée, puis de la « République française » à l’ « Empire français », ces monnaies deviennent ainsi les témoins de l’affirmation progressive du pouvoir napoléonien.
Les premières pièces de 20 et 40 francs montrent Bonaparte tête nue. Après la proclamation de l’Empire en 1804, le portrait demeure d’abord très proche, mais la légende change « Bonaparte Premier consul » laisse place à « Napoléon Empereur ». En 1807, le portrait évolue à nouveau : Napoléon est désormais représenté la tête ceinte d’une couronne de laurier. Ce changement intervient au cours de l’année, si bien que des monnaies à tête nue et à tête laurée sont toutes deux frappées en 1807.
La couronne de laurier renvoie directement à l’imaginaire de la Rome antique, où elle est associée à la victoire et aux honneurs. Son adoption participe ainsi à la construction d’une image impériale inspirée des modèles antiques, auxquels Napoléon emprunte une partie de son vocabulaire visuel.
Cette référence prend d’autant plus de sens dans le contexte des grandes victoires militaires de l’Empire, notamment à Austerlitz en 1805, Iéna en 1806 ou Friedland en 1807.
Les transformations touchent également les légendes. En 1807 et 1808, certaines émissions à tête laurée portent encore « République française » au revers. À partir de 1809, cette légende est remplacée par « Empire français ». Les monnaies permettent ainsi de suivre le passage progressif de la République à l’Empire, à travers l’évolution du portrait et des inscriptions.
France, 40 francs or Napoléon Empereur tête laurée à gauche, 1811, A (Paris).
Vendue le 17 juin 2026
Photo : Hôtel des ventes de Nîmes
Lorsque Bonaparte arrive au pouvoir, le Consulat repose officiellement sur trois consuls.
Mais le Premier consul concentre l’essentiel du pouvoir : Bonaparte promulgue les lois et nomme notamment les ministres et les principaux agents de l’Etat, tandis que Jean-Jacques-Régis de Cambacérès et Charles-François Lebrun, deuxième et troisième consuls, exercent des fonctions plus limitées.
Cette concentration du pouvoir s’accompagne d’une réorganisation de l’État. La création de la Banque de France en 1800, de la Légion d’honneur en 1802 puis l’adoption du Code Civil en 1804. La monnaie s’inscrit elle aussi dans cette dynamique.
À son arrivée au pouvoir, Bonaparte souhaite restaurer la stabilité financière. La période révolutionnaire a profondément bouleversé la société ainsi que la confiance dans la monnaie. En 1803, les lois de Germinal an XI réorganisent le franc, donnant ainsi naissance aux pièces de 20 et 40 francs à l’effigie de Bonaparte Premier Consul.
Elles inaugurent une nouvelle série de pièces d’or qui sera reprise et transformée sous les régimes suivants. La 20 francs or, en particulier conservera les caractéristiques définies sous le Consulat tout au long du XIXème siècle, malgré les changements successifs de régimes et d’effigies.
Le contexte de 1803 montre par ailleurs l’ampleur de la politique menée par Bonaparte. La même année, la France vend la Louisiane aux Etats-Unis pour 80 millions de francs. Sans lien direct avec la création des 20 et 40 francs, cet évènement montre que ces monnaies apparaissent dans une période où le Consulat mène de front, réformes intérieures et politique internationale.
Un an plus tard, le régime consulaire laisse place à l’Empire. Les monnaies créées sous le Consulat évoluent à leur tour, sans modification de leur titre ni de leur poids : ce sont principalement le portrait, la titulature et les légendes qui rendent visibles les transformations du régime. Les premières émissions conservent également un autre héritage de la période révolutionnaire : leur date est encore exprimée selon le calendrier républicain, utilisé en France jusqu’à la fin de l’année 1805.
Calendrier républicain | Calendrier grégorien |
An I | Septembre 1792 – 1793 |
An II | Septembre 1793 – septembre 1794 |
An III | Septembre 1794 – septembre 1795 |
An IV | Septembre 1795 – septembre 1796 |
An V | Septembre 1796 – septembre 1797 |
An VI | Septembre 1797 – septembre 1798 |
An VII | Septembre 1798 – septembre 1799 |
An VIII | Septembre 1799 – septembre 1800 |
An IX | Septembre 1800 – septembre 1801 |
An X | Septembre 1801 – septembre 1802 |
An XI | Septembre 1802 – septembre 1803 |
An XII | Septembre 1803 – septembre 1804 |
An XIII | Septembre 1804 – septembre 1805 |
An XIV | Septembre 1805 – septembre 1806 |
Pendant le calendrier républicain, l’année débutait en septembre et chevauchait donc deux années du calendrier grégorien. Ainsi, l’an IX correspond à une période comprise entre 1800 et 1801. Les noms des mois, proposés par le poète dramaturge et député Philippe Fabre d’Églantine (1750-1794), s’inspirent du rythme de la nature : vendémiaire, brumaire, frimaire, nivôse, pluviôse, ventôse, germinal, floréal, prairial, messidor, thermidor et fructidor.
Pour identifier une pièce de 20 ou 40 francs or, il faut observer ses deux faces, nommées avers et revers, ainsi que sa tranche située entre les deux faces.
À l’avers, le portrait permet déjà de distinguer plusieurs types : Bonaparte Premier consul, Napoléon Empereur tête nue ou Napoléon Empereur tête laurée. Les inscriptions, appelées légendes, complètent cette observation en indiquant notamment le nom et le titre portés par le souverain.
Au revers figurent la valeur faciale de la monnaie et son millésime, c’est-à-dire la date inscrite sur la pièce. On peut également y repérer une marque d’atelier lorsqu’elle est présente. La disposition de ces éléments varie selon les types. La tranche mérite également d’être examinée : elle peut porter une inscription permettant de distinguer certaines émissions comme “Dieu protège la France”, caractéristique de plusieurs émissions napoléoniennes, et constitue elle aussi un élément d’identification.
Il faut également relever la légende du revers : « République française » sur certaines émissions, puis « Empire français » sur les types postérieurs. Ce détail permet notamment de distinguer des monnaies dont le portrait peut paraître proche au premier regard.
L’analyse porte aussi sur l’état de conservation de la monnaie, en observant notamment l’usure des reliefs. Pour le qualifier, les monnaies françaises sont traditionnellement décrites à l’aide de plusieurs degrés de conservation parmi lesquels :
La lettre d’atelier indique le lieu où la pièce a été frappée. Sur les 20 et 40 francs Bonaparte et Napoléon Ier, elle permet de distinguer des émissions produites dans différents ateliers monétaires. La lettre « A » correspond à Paris. Cette marque constitue donc un élément essentiel pour identifier précisément une monnaie et distinguer les différentes émissions d’un même type.
Elle peut être accompagnée d’un ou plusieurs symboles appelés « différents ». Ces marques peuvent renseigner notamment sur le directeur de l’atelier ou le graveur général. Elles ne doivent pas être confondues avec la signature du graveur, comme « Tiolier », qui figure sous le portrait de Bonaparte sur les premières émissions.
Deux pièces du même type et portant la même année ne sont donc pas nécessairement aussi rares l’une que l’autre. Si elles proviennent d’ateliers différents, elles peuvent avoir été frappées en quantités différentes et donc présenter un intérêt différent pour les collectionneurs.
La rareté d’une 20 francs Napoléon dépend principalement de son année de frappe, de son atelier et de son type. Une monnaie qui paraît, au premier regard, très proche d’un autre exemplaire peut ainsi appartenir à une émission nettement moins courante. Deux monnaies portant la même année peuvent ainsi avoir été frappées dans des quantités très différentes.
En 1806, l’écart est particulièrement net : 962 929 pièces de 20 francs or sont frappées à Paris, contre seulement 3 913 à Perpignan. La lettre d’atelier est donc un élément important à vérifier : pour un même millésime, une émission plus rare peut être davantage recherchée et influer sur le prix de la monnaie.
Certaines frappes sont encore beaucoup plus rares. La 20 francs Napoléon tête laurée frappée à Turin en 1808, reconnaissable à la lettre « U », n’a été produite qu’à 1 481 exemplaires destinés à la circulation.
Une faible quantité frappée ne suffit pas à elle seule, à déterminer la valeur d’un exemplaire : l’état de conservation, la demande des collectionneurs et la fréquence à laquelle ces monnaies apparaissent sur le marché des ventes aux enchères doivent également être pris en compte.
4 A + 4 B – France, 20 francs or Napoléon Empereur tête nue à gauche,, 1806, U (Turin)
Vendue le 26 mars 2026
Photo : Millon
Une pièce de 20 francs or contient environ 5,81 grammes d’or fin, tandis qu’une 40 francs en contient environ 11,61 grammes. Leur valeur métallique dépend donc de cette quantité d’or et du cours du métal. Elle constitue un premier repère pour l’estimation, mais ne suffit pas toujours à déterminer la valeur d’une monnaie ancienne. Les 20 francs Napoléon présentent un poids de 6,45 grammes et les 40 francs d’environ 12,90 grammes, toutes les deux à 900 ‰ d’or.
Ainsi, une monnaie appartenant à une émission peu courante ou présentant une particularité de frappe peut atteindre un prix supérieur à la valeur de l’or qu’elle contient. La rareté ne suffit toutefois pas à expliquer cette différence : la monnaie doit aussi être recherchée par les collectionneurs.
Enfin, l’état de conservation intervient dans l’estimation et peut expliquer des écarts de prix entre deux exemplaires d’une même émission. Une monnaie dont les reliefs et les surfaces sont bien préservés peut être davantage recherchée, même si l’importance de ce critère varie selon les émissions.
Avant de vendre une monnaie, il est important de savoir précisément ce que l’on possède, une particularité passée inaperçue peut influer sur son estimation. L’expertise permet d’en vérifier l’authenticité, d’en préciser l’identification et de la comparer à des exemplaires similaires vendus aux enchères.
Les 20 francs et 40 francs or ne sont pas les seules monnaies napoléoniennes susceptibles de présenter un intérêt : les pièces de 5 francs en argent, ainsi que d’autres valeurs frappées sous le Consulat et l’Empire, peuvent également être expertisées et proposées aux enchères.
Sa valeur dépend du cours de l’or mais aussi de son année, de son type et de son état de conservation. Certaines émissions peuvent donc valoir davantage que leur seule valeur en or. Une estimation peut être réalisée en vue d’une vente aux enchères avec 0% de frais vendeur.
Vous pouvez nous transmettre des photographies de l’avers, du revers et de la tranche. La monnaie pourra être identifiée, expertisée et estimée avant sa mise en vente aux enchères. La vente est proposée avec des frais vendeur de 0%.
Il faut vérifier l’année, le type, les légendes et l’état de conservation. Une expertise permet de déterminer précisément l’intérêt de votre monnaie avant une vente aux enchères à 0% de frais vendeur.
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