Estimer la faïence : les 5 clés de l’expertise
Comment faire estimer gratuitement ses faïences ?
L’expertise d’une faïence, nous le verrons à travers cet article, peut s’avérer particulièrement délicate, tant les critères d’évaluation sont nombreux et parfois subtils : époque, manufacture, rareté, copie, signature du faïencier ou encore état de conservation.
Afin d'obtenir une estimation fiable, les commissaires-priseurs et experts de Pastor Maison de Ventes se tiennent à votre disposition pour une expertise gratuite et confidentielle.
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Généralité sur la faïence
Le mot « faïence » tire son origine de Faenza, une petite ville du Nord-Est de l’Italie au pied des Apennins qui fut le centre d’une fabrication céramique renommée à partir du XVe siècle. La faïence est l'une des plus communes et des plus anciennes techniques utilisées en céramique. On distingue deux types de faïences : la faïence stannifère et la faïence fine.
La faïence stannifère est recouverte d’un enduit vitrifiable, une glaçure, à base d’étain, dite stannifère. Cette glaçure, ou émail, est opaque, blanche et brillante. Elle masque totalement la pâte cuite allant du gris au brun, et permet de nombreux décors colorés. Cette technique a probablement été mise au point au nord du Golfe persique un peu avant le IXe siècle. Elle ne s’est développée en France qu’au XIVe siècle.
La faïence fine a une pâte blanche ou légèrement ivoire grâce à la composition spécifique de l’argile. Elle n’a donc pas besoin d’être recouverte d’émail pour devenir blanche. Précuite, elle est décorée puis recouverte d’une glaçure transparente, à base de plomb, dite plombifère. Elle est née en Angleterre à la fin du XVIIe siècle et arrive en France aux environs de 1745. A la mode au XIXe siècle, elle supplante petit à petit la faïence stannifère
Clé 1 de l'expertise d'une faïence : identifier la manufacture
Clé numéro 1 et c'est le premier réflexe. En retournant un plat ou un vase, on cherche la signature ou le monogramme. La pratique de l'inscription d'une marque sur la poterie remonte aux temps les plus reculés. Mais ce n'est que dans le courant du XVII° siècle que l'on commence à apposer une marque d'origine sur les faïences françaises. Comme le faisaient les fabricants de porcelaine.
Apposées au revers de la pièce, les marques sont très souvent de couleur (Il serait superflu de s'arrêter à la couleur appliquée car les ouvriers employaient indifféremment celles qu'ils avaient sous la main). Elles représentent généralement les initiales du décorateur, quand elles ne portent pas la double identification de la fabrique et du décorateur ! Les marques seules parlent à la vue ; leur étude, leur connaissance, permet à l'œil exercé de restituer à chaque fabrique les produits qui lui appartiennent ; d'assigner, à ces mêmes produits, une date de fabrication, et souvent de leur restituer aussi le nom des ouvriers dans les mains desquels ils ont été confectionnés.
L'emploi fréquent de ces marques servait aux maîtres d'établissements pour reconnaître, après la cuisson, quels étaient les ouvriers décorateurs qui avaient exécuté tel ou tel objet ; puis, en même temps, elles facilitaient le moyen de vérifier leur ouvrage pour en fixer le salaire.
On a constaté, cependant, sur un grand nombre de pièces se rattachant aux premières époques de la fabrication, l'absence complète de marques : cette abstention s'explique facilement par le petit nombre d'ouvriers employés alors à leur confection ; en outre, par l'imperfection des procédés qui exigeaient des artisans payés à la journée plutôt qu'aux pièces.
Quelquefois, des signes tels qu'une croix simple, une croix avec plusieurs points, ou une croix au milieu d'un cercle, se rencontrent sur certaines faïences. Ces signes en usage dans presque toutes les fabriques ne peuvent désigner telle ou telle provenance. Ils servaient seulement aux ouvriers qui, pour la plupart, ne savaient écrire, à reconnaître leurs produits après la cuisson.
Quant à la marque en creux sous l'émail, le plus souvent, elle n'est autre que celle du modeleur on du tourneur, qui n'avait, lui, que ce seul moyen pour reconnaître la pièce après la cuisson.
Certains ouvrages de référence regroupent plus de 6000 marques et signatures. Vous comprendrez alors combien il est difficile pour un profane de connaître le faïencier et d'évaluer la valeur d'une pièce. C'est pourquoi nos commissaires-priseurs et experts vous accompagnent pour l'estimation gratuite de toutes vos faïences.
Expertise par nos commissaires-priseurs (et experts)
Clé 2 - Caractéristiques stylistiques de la faïence
Nous tenons compte de la couleur de la pâte ou biscuit, nous observons sa dureté, sa nuance, la forme des objets, puis leur genre de décoration. Tels sont, en résumé, les caractères particuliers pouvant servir de base à nos expertises et qui doivent servir aussi à l'amateur.
Chaque fabrique avait sa propre terre, extraite généralement sur place. Examiner la couleur de la terre employée (par le cul ou une ébréchure) permet de définir un lieu.
Un secret de composition était jalousement gardé pour arriver à une pâte appropriée à son usage et les formes variaient. Et chaque fabrique avait ses propres modèles. Certaines de ces formes permettent d'en deviner leur origine : l'aiguière en forme de casque de Rouen, les formes italianisantes de Nevers, les plats de chasse de Moustiers (plats de baptême). Et encore les formes particulières de Marseille, avec leur décors de rocaille et de poisson.
La qualité de l'émail de fond à une place prépondérante pour déceler l'origine d'une faïence. Encore une fois, chaque fabrique conservait la formule des propres émaux. Ainsi, quelques fabriques utilisaient l'émail blanc, d'autres le teignaient en bleu comme à Rouen. Dans le temps, on voit apparaitre le jaune à Marseille ou Montpellier.
Le poids : si vous soupesiez une faïence de Lille en comparaison d'une faïence de Rouen, vous seriez surpris de la légèreté de la pièce lilloise.
Le décor est l'un des signes les plus révélateurs de la faïence. De même qu'en peinture se distinguent des écoles et des chefs de file, les faïenciers eurent également leurs maîtres.
La valeur dépend de la complexité du travail. On distingue la faïence stannifère de grand feu et de petit feu.
Le décor "grand feu" (cuisson au-dessus de 1 100 °C) : les décors sont dessinés au pinceau sur l’émail séché devenu poudreux, qui les absorbe ne permettant aucun repentir. C’est la technique noble de la faïence ancienne. Les couleurs employées sont peu nombreuses : bleu, violet dit manganèse, vert, jaune, et, très rarement, rouge de grand feu. Elles doivent avoir des caractéristiques physico-chimiques compatibles avec l’émail pour résister à la température de fusion de celui-ci lors de la seconde cuisson.
Le décor "petit feu" : Plus tardif (fin du XVIIe siècle), il permet une palette de couleurs plus riche. Les couleurs sont posées sous forme d’émaux sur un émail cuit au préalable. Ils sont ensuite fixés sur l’émail lors d'une troisième cuisson (dite de petit feu) dans un four spécial à réverbère à environ 700°C. Chaque couleur est cuite séparément, ce qui fait que l'on observe sur certaines pièces complexes jusqu'à soixante cuissons successives. Le petit feu est un perfectionnement de la technique du grand feu dans l'objectif d'imiter la porcelaine chinoise, alors aussi coûteuse que demandée.
Du XIVe au XIXe siècle, la faïence stannifère conquiert les entreprises, le marché et la table française. Elle disparaît ensuite au profit de la faïence fine dont les procédés de fabrication s’accordent avec la Révolution industrielle.
Faïence fine : cette faïence fine apparaît en France à la fin du XVIIIe siècle et connaît un très fort développement au XIXe siècle. Le décor est posé sur la pièce précuite puis recouvert d'un vernis cristallin plombifère. Ce vernis transparent, à l'inverse de la faïence stannifère, ne masque pas la pâte déjà blanche de la faïence fine.
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Clé 3 - L'époque et La rareté du sujet
Les faïences sont particulièrement recherchées par les collectionneurs. L’examen des ventes aux enchères de faïences révèle un marché structuré par trois grandes époques, chacune dictant ses propres codes de collection.
Le XVIIIe siècle marque l’apogée de la faïence stannifère en France. A cette époque la Table est un spectacle avec son service "à la française". Après la Révolution française, l’admiration pour l’Angleterre et la crise économique favorisent l’adoption du "service à la russe", qui, malgré son nom, est né Outre-Manche.
Les pièces de vaisselle se multiplient en fonction des mets. Cette diversification est soutenue par une production en série, qui diminue les coûts. La faïence fine se diffuse alors sur toutes les tables de la classe moyenne. Elle est ornée de décors variés, qui imitent des styles anciens.
L'attention des enchérisseurs lors de ventes aux enchères se porte sur les pièces qui soulignent l'excellence et la technique des faïenciers.
Le XIXe siècle marque un tournant vers l'expression individuelle : la rigueur des manufactures s'efface devant le génie de créateurs comme Émile Gallé, dont l'inspiration naturaliste révolutionne l'Art Nouveau, ou William De Morgan, qui réinvente la palette chromatique.
Enfin, le XXe siècle bouscule les formes traditionnelles pour élever la terre au rang de support artistique majeur. L'engouement actuel pour les céramiques de Pablo Picasso, nées de sa collaboration avec l'atelier Madoura à Vallauris, témoigne de cette fusion réussie entre artisanat et art moderne.
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Clé 4 - La provenance des pièces et copies
La valeur d'une céramique est souvent portée par son histoire. Une provenance prestigieuse agit comme un label de qualité qui rassure et stimule les enchérisseurs.
De même, la présence d'une pièce dans une exposition muséale ou sa citation dans une publication de référence ne sont pas de simples détails. Elles légitiment l'objet et confirment son importance dans l'histoire de l'art. Pour nous, retracer ce parcours est essentiel pour établir une estimation juste et valoriser pleinement votre patrimoine lors de la mise en vente.
Il est important également de souligner que de nombreux petits faïenciers ont pratiqué la copie de modèles de grandes fabriques. L'exécution parfois approchante restait généralement imparfaite. Non seulement ces copies provoquèrent une concurrence déloyale mais elles jetèrent le discrédit sur la manufacture copiée.
De nombreuses copies sont présentées sur le marché, et elles sont parfois très bien faites. Cependant la terre une fois cuite peut avoir une apparence bien différente de l'originale. L'émail de fond, le décor, les couleurs restent difficiles à égaler. C'est pourquoi nos commissaires-priseurs et experts sont là pour vous accompagner et vous proposer une authentification gratuite et sans engagement.
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Clé 5 - L’état de conservation de la faïence
En salle des ventes, l'origine d'une pièce ne fait pas tout : l'état de conservation est le juge de paix de l'estimation puis de la vente aux enchères. Une pièce intègre bénéficiera toujours d'une prime significative par rapport à un objet (mal) restauré.
Lors de nos expertises, nous traquons les moindres altérations qui pourraient échapper à un regard non averti. Les accidents d'origine : comme les fêles de cuisson, parfois acceptables si la pièce est rare. Les outrages du temps : égrenures sur les bords ou usures et casses d'émail qui témoignent de l'usage.
Les interventions postérieures afin de déceler les restaurations anciennes ou les repeints savamment masqués, nous utilisons systématiquement l'examen à la lampe UV ou à la lumière rasante. Ces outils techniques sont indispensables pour garantir aux enchérisseurs une transparence totale sur l'intégrité des œuvres présentées sous le marteau.
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Comment vendre des faïences aux enchères ?
Si vous envisagez de présenter des faïences aux enchères, Pastor Maison de Ventes vous accompagne à chaque étape, de l’expertise initiale jusqu'à la gestion logistique de vos pièces fragiles. Si vous avez la moindre interrogation, vous pouvez nous écrire.
Notre priorité est de vous garantir une mise en vente aux enchères rapide et d'obtenir les meilleurs résultats. N'hésitez pas à nous solliciter pour une première estimation confidentielle : nous sommes à votre écoute avec bienveillance.
Comment acheter des faïences aux enchères ?
Vous trouverez des pièces en faïences, des céramiques et autres poteries lors des vacations Pastor Maison de Ventes aux Enchères. Nous vous invitons à suivre les ventes de la Maison Pastor en salle, et/ou en Live via Interenchères et Drouot.com. Les inscriptions sont gratuites.
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