La plaque émaillée
Actuellement très collectionnée et recherchée, la plaque émaillée est devenue un élément de design intemporel pour décorer les intérieurs ou certains commerces.
Vous souhaitez découvrir les arts publicitaires et plus précisément l’histoire de la plaque émaillée ? Cet article, rédigé par nos commissaires-priseurs Pastor Maison de Ventes vous donnera les premières clés pour procéder à la découverte de cet univers.
Nous restons à votre écoute afin d’estimer gratuitement vos plaques émaillées et arts publicitaires en toute confidentialité et en moins de 48 heures. N’hésitez pas à nous contacter via notre formulaire.
Quelle est l'origine de la plaque émaillée ?
L’origine symbolique des plaques émaillées remonte aux enseignes en fer forgé de l’Ancien Régime. Ces plaques apposées sur le mur des boutiques permettaient aux passants de repérer celles-ci à distance en identifiant leur domaine d’activité. On en retrouve une importante collection au Musée Carnavalet de Paris.
Selon le dictionnaire des Antiquités, « l’émail est une substance vitreuse composée de sables siliceux, d’un mélange de potasse et de soude, qui, colorée dans la masse par des oxydes métalliques, s’applique sur un support métallique par fusion ». Sa composition pour les plaques est légèrement différente et intègre d’autres minéraux comme du feldspath ou du salpêtre : chaque émaillerie a sa petite recette secrète. Son usage est très ancien, déjà attesté en Égypte vers 1400-1200 av. J.-C. Sa diffusion au cours des siècles n’est pas linéaire et l’on retrouve par exemple cette technique en Chine de longue date.
La fabrication d'une plaque émaillée
Généralement en tôle d’acier emboutie par l’émailleur jusque dans les années 30, la plaque subissait de multiples opérations de préparation : dégraissée et décapée, elle accueillait ensuite une première couche d’émail dite de masse, sur l’entièreté de la plaque. Apposées à l’aide de pochoirs ou en sérigraphie, les couches d’émail sont fixées sur la plaque couleur par couleur et chauffées autour de 700 et 900° afin qu’elles adhèrent à la couche de masse.
On peut distinguer deux grandes familles de plaques émaillées :
Les plaques signalétiques
Elles annoncent une ville, un lieu-dit, une direction, une information ou une situation. Elles sont destinées aux usagers qu’ils soient de la route et aux autres voyageurs ou piétons.
La grande majorité de ces plaques se vendent, sauf exception, entre 20 et 150€ selon l’intérêt du panneau. Nous retrouvons quelques beaux exemplaires entre 300 et 1200€ (exemple d’une plaque signalétique Métro 4 Gare du Nord – Porte d Orléans).
Certaines plaques émaillées signalétiques, lorsqu’elles sont accompagnées d’un graffiti, ou d’une histoire exceptionnelle, peuvent néanmoins se vendre pour plusieurs milliers d’euros.
Comme cette histoire incroyable avec une plaque émaillée de Sainte-Mère-Église adjugée 75 840€ (avec frais). Le maire et le ministère de la Culture, alertés, bloquent in extremis le transfert de ce trésor national, alors même que le musée de la Nouvelle-Orléans venait d’emporter le lot en proposant pas moins de 60 000 euros aux enchères (hors frais).
Les plaques publicitaires
Zacharias Dollingen (1808-1878), journaliste et publicitaire français, fonde à Paris une agence de publicité (Dollingen & Cie) qui vend des emplacements publicitaires dans les journaux dès 1841. Cette agence est reconnue dans l’historiographie de la régie publicitaire française comme l’une des premières agences de publicité. La Compagnie générale d’annonces (fondée en 1845 par Charles Duveyrier) est souvent citée comme la première grande régie publicitaire structurée en France. Havas a été fondée en 1835 par Charles-Louis Havas comme agence d’information, la première du genre dans le monde, mais ne développera l’activité publicitaire que vers 1851. (Les arts publicitaires.)
C’est donc à partir de 1841 à Paris que la première agence de publicité est créée. Et c’est à cette même époque, qu’apparaissent les premières plaques émaillées sur les boutiques. Une pratique qui se développera dès le début du XXe siècle et qui connaîtra une apogée des années 30 aux années 60, période à compter de laquelle elles seront concurrencées par la télévision, le nouveau support privilégié pour les campagnes de publicité.
Leurs coloris chatoyants, l’esprit de synthèse et de schématisation de certaines plaques en font aujourd’hui des icônes du design : les plaques émaillées sont aujourd’hui redevenues tendance dans les foyers français et attirent un public de tous âges, y compris chez les plus jeunes.
La typologie des plaques émaillées
Les plaques liées à l'automobile
On y retrouve de simples logos accompagnés ou non d’une devise de la marque automobile, des enseignes de concessionnaires, de garages, ou d’un panneau annonçant que des articles de cette marque sont disponibles à la vente.
Certaines plaques sont de véritables mises en scène picturales témoignant de l’intervention d’un artiste dans le dessin. Ces plaques sont particulièrement appréciées. En plus des marques automobiles, on retrouve les marques d’huiles, d’essence et autres produits dérivés d’entretien.
La marque d’huile YACCO a commandité une plaque émaillée qui aujourd’hui est une des plus chères de l’histoire.
Les plaques liées à l'alimentation
Les marques alimentaires ont massivement propagé les plaques émaillées : apposées sur le mur des épiceries, des restaurants ou cafés-bar, elles fidélisaient le client à son commerce de proximité et contribuaient au rayonnement de la marque. Parmi celles-ci, les marques de chocolats ont particulièrement la cote, comme en témoigne le succès des plaques « Chocolat Menier » ou « Chocolat Pupier ».
Marques de levure, de fromage, de soupes et autres condiments se multiplient aux côtés des publicités pour de l’alcool fort ou des bières. Certaines marques créent pour l’occasion des personnages imaginaires ou des mascottes.
Cependant, rares sont les représentations figuratives et naturalistes d’hommes et de femmes adultes sur les plaques. On retrouve par exemple Nectar, mascotte de la marque Nicolas dès les années 1922.
Les autres enseignes et produits
Dans cette catégorie, on retrouve les marques de tabac, des plaques pour la diffusion de montres de luxe comme LIP ou Oméga, des publicités de cosmétiques (shampoing, savon, parfum) et des marques liées à des produits techniques comme des appareils photos, rien n’a échappé aux plaques émaillées.
Les grandes émailleries
On compte parmi les émailleurs de plaques des grands noms reconnus pour la qualité de leur production. Certains de ces fabricants sont particulièrement recherchés. On trouve par exemple parmi les noms les plus connus l’émaillerie Edmond Jean, l’Émaillerie alsacienne de Strasbourg-Hoenheim (E.A.S) fondée en 1923, l’émaillerie Japy ou encore l’émaillerie Koekelberg en Belgique. La liste compte une trentaine de noms.
Comment dater une plaque émaillée ?
Éléments techniques
Une plaque sans trous de fixation doit alerter le collectionneur : les plaques devaient être accrochées à l’époque. Leur absence indique que l’on est en présence d’une reproduction ou que la plaque a été rognée.
Il s’agit d’une part d’identifier les techniques de fabrication de la plaque. Certains procédés n’apparaissent pas avant une certaine époque comme la sérigraphie et cela permet de classer les plaques sur une échelle temporelle. Généralement, les plaques uniformément plates sont réputées plus tardives car cette forme n’a été permise qu’avec l’amélioration des fours. Les premières plaques sont majoritairement bordées ou bombées. Attention à ne pas confondre une plaque émaillée avec une tôle lithographiée.
Il faut également juger de la qualité de l’émaillage, du poids des matériaux pour juger de l’authenticité d’une plaque émaillée.
L’état d’usage d’une plaque peut être un indicateur de l’ancienneté de celle-ci. En effet, de nombreuses plaques étaient exposées dehors et se sont par conséquent dégradées en raison des intempéries. Néanmoins un mauvais état n’est pas non plus souhaitable. Les faussaires peuvent par ailleurs tenter de reproduire les effets du temps.
Éléments stylistiques
Les premières plaques empruntent leur dessin aux affiches lithographiées, un moyen de publicité plus fragile apparu vers 1885. Ces plaques ont pu être reproduites plus tardivement. (par exemple une plaque en 1895 pour les potages Maggi d’après une affiche de Firmin Bouisset).
D’autre part, il s’agit de comparer les données observées avec les exemplaires connus et référencés afin d’estimer ou non si la plaque peut être d’époque. Certaines plaques ont été éditées en plusieurs versions avec des variantes de couleur par exemple.
La typographie des plaques permet également de se faire une idée de leur époque. Cependant les fabricants ou des imitateurs ont pu reprendre la typographie d’une plaque ancienne : ce critère n’est donc pas suffisant.
Marques ou inscriptions sur la plaque : les fabricants émailleurs apposent souvent leurs mentions en bas des plaques publicitaires.
Les émailleries belges et allemandes ont majoritairement tendance à dater les plaques produites. Ce n’est pas le cas des émailleries françaises et une datation peut parfois se révéler complexe pour ces dernières.
Quelle estimation pour une plaque émaillée ?
Le prix d’une plaque émaillée dépend en grande partie de ses qualités esthétiques, de son sens de l’image et de son originalité. Ainsi une plaque mentionnant simplement le nom d’une marque sera susceptible de réaliser un prix inférieur à une plaque figurant un personnage dans une mise en scène élaborée. Pour débuter une collection de plaques émaillées publicitaires, l’amateur trouvera ses premiers choix aux enchères à partir de 50€ environ et saura trouver un vaste choix de plaques jusqu’à 200€. Cette fourchette de prix intègre des plaques de marques moyennement populaires d’époque et des plaques neuves de marques populaires.
Entre 200 et 500€, il devient possible de trouver certaines plaques de la seconde moitié du XXe avec des marques célèbres et des plaques un peu plus anciennes de marques populaires locales comme par exemple « Potasse d’Alsace ».
Les personnifications sont plus rares : les premiers prix commencent à partir de 300€.
La catégorie entre 1000 et 3500€ regroupe la grande majorité des très bonnes plaques anciennes, qu’elles fassent la promotion d’une marque de niche ou renommée.
Entre 5000 et 45 000€, on trouve les plaques d’exception, qui sont généralement le fruit d’un véritable travail artistique pour le dessin. Par exemple lorsque Firmin Bouisset illustre une plaque des Chocolats Menier mettant en scène une petite fille taguant un mur : cette plaque se vend aux enchères entre 20 000 et 30 000€.
Néanmoins une plaque émaillée dépassant les 10 000€ reste un évènement très rare.
Vous pensez être en possession d’une plaque émaillée rare ? Les commissaires-priseurs de Pastor MDV sont là pour vous aider à en déterminer la valeur avec des estimations gratuites et confidentielles.
Comment vendre une plaque émaillée aux enchères ?
Si vous envisagez la mise en vente d’une plaque émaillée aux enchères avec Pastor Maison de Ventes, nous vous accompagnerons pas à pas, y compris sur la logistique. Notre objectif : vous permettre de vendre dans les meilleures conditions, au meilleur prix et en toute transparence. Contactez-nous dès aujourd’hui !
Comment acheter des plaques émaillées aux enchères ?
Vous trouverez des plaques émaillées et autres objets liés à l’Art Publicitaire lors des vacations Pastor Maison de Ventes aux Enchères. Nous vous invitons à suivre les ventes de la Maison Pastor en salle, et/ou en Live via Interenchères et Drouot.com. Les inscriptions sont gratuites.
Découvrez l’agenda de nos ventes en cliquant sur les liens ci-dessous. N’oubliez pas de mettre en place des alertes sur ces deux sites. Des newsletters vous avertiront automatiquement lorsqu’une vente aura lieu !