Les estampes Japonaises aux enchères
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Histoire et valeur des estampes
L’estampe japonaise est l'un des premiers éléments culturels à s’exporter massivement vers l’occident lors de la réouverture du pays au milieu du XIXe siècle. On leur doit en partie l’émergence du courant artistique dit du japonisme. Van Gogh allant jusqu’à réinterpréter, presque trait pour trait, certaines estampes d’Hiroshige dans sa série « japonaiserie ».
De part leur côté esthétique, exotique et leur élégance, elles savent toucher un très grand public, dépassant largement le cadre de la culture japonaise. Les estampes sont un des éléments incontournables des ventes aux enchères. Leur popularité ne diminue pas, comme l’atteste la vente d'une impression de « La grande vague au large de Kanagawa » d’Hokusai, adjugée 2,4 millions d’euros il y a quelques mois à Hong Kong.
Mais quelle est l'origine des estampes et comment expliquer leur grande disparité de prix ?
Les origines des estampes Japonaises
Les premières traces d’estampes au Japon remontent à l’époque Nara au VIIIe siècle. Elles servent principalement de support à la diffusion et la pratique du bouddhisme. Les temples vendent aux fidèles des étoffes ou papiers imprimés représentant des divinités.
Ces impressions étaient obtenues soit par l’application d’un cachet encré ou, technique importée de Chine par des moines, par frottement d’une feuille sur une planche de bois gravée en encrée.
Aux alentours du XIVe siècle la production s'accroît, la qualité s’affine, les dimensions des impressions augmentent.
Vers la fin du XVIe siècle, sous l’influence de marchands portugais, les Japonais entrent en contact avec des livres illustrés en provenance de Chine, de Corée et des gravures européennes. L'engouement provoqué par ces arts profanes ne tarderont pas à inspirer les artistes japonais.
La naissance de l’Ukiyo-e
Avec l’avènement de la Pax Tokugawa et le début de l’époque du même nom au XVIIe siècle, le Japon connaît de grands chamboulements sociétaux. Le pays s’urbanise autour de grandes préfectures et surtout à Edo (future ville de Tokyo), capitale du pays, une des cités les plus peuplées du monde à l’époque.
Si les samurai règnent sans partage et écrasent la population sous des lois extrêmement strictes, les marchands tirent leur épingle du jeu. Une classe bourgeoise émerge, férue de distractions et de plaisirs. L’essor du Kabuki et des « quartiers de plaisir » offrent une source d’inspiration inépuisable aux artistes. Cette évolution sociale et économique s'accompagne d'un changement des formes artistiques, avec la naissance de l’ukiyo-e et des techniques d'estampe permettant une reproduction sur papier peu coûteuse, bien loin des peintures de l'aristocratique école Kanō.
L’ukiyo-e ou « image du monde flottant » fait référence au principe bouddhiste de l’impermanence, du monde illusoire et du caractère éphémère de la vie. Idée détournée par les artistes pour exprimer la légèreté de la vie quotidienne et des petits plaisirs de la vie.
Le terme apparait en 1686 dans le roman libertin d’Ihara Saikaku « La vie d’une femme aimant l’Amour » et devient ensuite l’appellation générique pour la représentation de la vie quotidienne, aussi bien en peinture qu’en gravure.
Si au début les gravures servent d’illustration dans des livres illustrés e-hon, certains artistes, dont en premier lieu Hishikawa Moronobu, vont progressivement et en parallèle commencer à produire des estampes sur feuilles volantes ichimai-e.
Les artistes sont généralement polyvalents et peuvent aussi bien produire un recueil glorifiant des guerriers du passé, des affiches de théâtre, des scènes de vie que des sujets érotiques, voire pornographiques sans distinction de qualité.
Au début du XVIIIe siècle certains courants se développent. Sous l’impulsions de Kiyonobu ou Masanobu, le bijin-ga (peintures de belles personnes et plus spécifiquement les jolies femmes), le yakusha-e (portraits des acteurs kabuki), la publicité (notamment pour des marques de saké) et l’introduction de la perspective à l’occidentale offrent de nouveaux terrains d'expression aux artistes.
Avec l’abandon de l’application des couleurs à la main et la généralisation de la colorisation via des plaques de bois gravées, la production augmente. Certaines maisons d’éditions deviennent extrêmement influentes. Cette technique permet, en effet, de toucher un large public.
L’âge d’or
C’est à la fin que du XVIIIe siècle qu’apparaissent les grands maîtres de l’ukiyo-e tels que Kiyonaga, Utamaro ou Shuraku.
Les impressions se font plus luxueuses, sur papier micacé. Les artistes utilisent des fonds rehaussés de paillettes métalliques rappelant l’or... Les formats s’agrandissent et on voit l’apparition de diptyques ou triptyques.
La finesse des traits des femmes, la puissance des expressions faciales des acteurs de kabuki et l’aspect spectaculaire des techniques et des supports marquent les limites de l’estampe.
C’est aussi une époque de répression politique intense. Le shogunat voit d’un mauvais œil la prolifération des images licencieuses et l’influence grandissante de la bourgeoisie marchande. Une censure de plus en plus stricte se met en place. L’érotisme est purement interdit (bien que la production et le commerce continueront « sous le manteau »). Chaque estampe doit normalement passer par un bureau de censure, qui s’assure qu’il n’existe pas de message politique caché. De plus, ces mêmes censeurs font disparaître le nom des courtisanes sur les portraits.
Certains artistes évalueront évidemment les limites de la censure. Ce petit jeu coutera aux artistes répression, emprisonnement ou, comme pour Utamaro, une condamnation à être menotté pendant 50 jours.
Le renouveau de l'Ukiyo-e
La première moitié du XIXe siècle voit la dernière grande évolution de l’Ukiyo-e sous l’influence de deux de ses plus grands et célèbres peintres, <Hokusai (ou son surnom de Gakyōjin, littéralement « Vieux Fou de dessin ») et Hiroshige.
Inspirés par la peinture européenne, ils s’intéressent aux paysages et à la nature qu’ils sublimeront dans des séries d’estampes qu’il n’est guère utile de présenter comme « les trente-six vues du mont Fuji ».
Hokusai emportait partout avec lui des carnets dans lesquels il croquait tous les petits moments de la vie quotidienne du peuple. Il édita nombre de ces recueils vernaculaires sous le titre « Hokusai manga » qui est généralement considéré comme l’origine de Manga actuel.
Hiroshige, lui, se spécialisa dans la représentation des stations et des points de vues le long des principales routes du pays, ainsi que les plus beaux lieux de Kyoto et Edo.
L’ouverture du pays, l’arrivée des occidentaux, les chamboulements politiques et la rapide industrialisation à partir de 1853 offrent de nombreux sujets aux artistes. Cependant la qualité de cette production est généralement considérée comme inférieure.
Et aujourd'hui ?
La production d’estampe ne s’interrompit jamais avec notamment des mouvements tels que shin-hanga ou sōsaku hanga au XXe siècle. Elle perdure aujourd’hui, principalement avec les tirages modernes d’œuvres anciennes mais selon les procédés historiques.
Comment authentifier une estampe Japonaise ?
Avec une production aussi longue, complexe et, par définition, reproductible, il est parfois très compliqué de naviguer dans les eaux troubles de l’authentification et de l’estimation d’une estampe japonaise.
Nos experts vous communiquent quelques pistes pour réaliser une première analyse :
Premièrement : le papier traditionnel japonais washi est assez reconnaissable, il est fabriqué à la main et présente une surface légèrement texturée et fibreuse. Il est séché sur des cadres en bambou qui laissent une trame visible par transparence. Toute estampe imprimée sur un papier autre qu’un washi traditionnel peut être reléguée au rang de reproduction ou re-tirage tardif.
Deuxièmement : les couleurs sont obtenues grâce à des pigments naturels qui donnent un rendu plus doux et irrégulier, il n’est donc pas rare de voir des variations de teinte dans un aplat de couleur. Le washi étant fin, les couleurs, surtout les plus sombres, traversent aisément, il est donc primordial de bien regarder le dos de l’estampe.
Troisièmement : l’impression se faisant avec une forte pression, il n’est pas rare que la surface de l’estampe montre un léger relief, presque comme un gaufrage.
Quatrièmement : il faut faire attention à la présence de la signature de l’artiste, le sceau de la maison d’édition ou le cachet du censeur. Il existe de nombreux faux et copies de ces cachets, soyez très attentifs. Si une œuvre est dépourvue du sceau, cela peut éventuellement indiquer un tirage postérieur, même si celui-ci est traditionnel.
Comment faire expertiser et estimer gratuitement vos estampes ?
Ces premières indications vous donneront quelques indications sur la qualité de l'estampe. Il est cependant très vivement conseillé de contacter nos commissaires-priseurs et experts Pastor Maison de Ventes pour une estimation gratuite et une expertise plus précise. N'hésitez jamais à demandez une estimation de la valeur de vos estampes japonaises, et toutes autres œuvres ou objets !
L’estampe Japonaise aux enchères
Des estampes japonaises se retrouvent régulièrement aux enchères. Elles restent encore très prisées des collectionneurs et des amateurs. Cependant leur production importante et courante ne tire pas les adjudications vers des sommets. Il est important de noter que l’état général du tirage a un fort impact sur son prix. Des rousseurs, pliures ou dans l’ensemble une mauvaise conservation est dommageable. Pire encore, à une époque il était courant de couper les marges des tirages pour les encadrer. Ces marges portaient parfois des indications importantes sur l’époque du tirage. Leur perte peut faire baisser drastiquement la valeur de l’estampe.
Une estampe d’un artiste peu connu avec un sujet courant peut être adjugée entre 80 et 150€. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de l’estampe puisqu’elle s’ouvre à toutes les bourses et tous les budgets.
De l'autre coté du spectre, un tirage du vivant d’un artiste renommé proposant un thème particulier peut dépasser la dizaine de millier d’euros et, dans les cas extrêmes, des Hokusai, le million, comme nous l'avons vu en début d'article.
La popularité des estampes ne diminuent pas. Elles restent donc un investissement sûr, à condition évidemment de les acheter en toute sécurité auprès d'une maison de ventes, puis de bien les conserver...
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