Estimation d'une poterie de Ciboure
Comment faire estimer une poterie de Ciboure ?
Pour faire estimer une poterie de Ciboure, ou toute autre poterie, il suffit de prendre contact avec nos commissaires-priseurs Pastor Maison de Ventes. En passant par une maison de vente aux enchères, vous bénéficiez d’un service d’expertise et estimation gratuit.
“Ces trois potiers ont créé une image idéalisée du monde antique, réinterprétant des méthodes centenaires de fabrication, et redessinant, avec art, les scènes érotiques ou champêtres qui appartenaient au répertoire de vases grecs classiques. Une certaine innocence et naïveté pointe de ces chefs-d’œuvre, tous basés sur l’illusion d’un temps si lointain. » résumait Karl Lagerfeld, grand collectionneur des poteries de Ciboure, à propos de ses fondateurs.
Production artisanale locale, la poterie de Ciboure séduit par la richesse de ses décors et de ses formes. Retour sur cette production emblématique du Pays Basque.
Qu'est-ce que la poterie de Ciboure ?
La production des poteries de Ciboure (située dans les Pyrénées-Atlantiques), est active de 1919 à 1995 et se distingue en quatre périodes :
Louis Floutier, Étienne Vilotte et Edgard Lucat (1919-1922)
La poterie de Ciboure naît en 1919 dans ce petit port basque, face à Saint-Jean-de-Luz, sous l’impulsion de trois artisans : Etienne Vilotte (ébéniste), Louis Benjamin Floutier (peintre) et Edgard Lucat dit Lukas (tourneur). Ensemble, ils établissent les bases techniques des poteries de Ciboure : grès basque, cuisson à 1300 °C pour une vitrification parfaite, et une palette de couleurs spécifique.
Dès 1919, Louis Floutier introduit des décors néo-grecs et néo-basques, poursuivis après son départ en 1921 par ses successeurs. Les formes s’inspirent de la Grèce antique (lébès, amphore), en phase avec l’esthétique Art Déco. Floutier évoque également des motifs basques comme le lauburu ou la svastika rectiligne.
Étienne et Elise Vilotte (1922-1945)
La poterie est reprise par Étienne Vilotte et sa femme Élise, et officiellement fondée par le dépôt de la marque ”VE Ciboure » le 17 mai 1922. A partir de cette date, les pièces ne sont généralement plus signées par les artistes. La présence de la riche noblesse européenne à Biarritz dans les années 20 fait prospérer la production artisanale.
Cette période introduit le style néobasque, mêlant tradition locale et influences Art déco avec les décors de Pierre Almès et les formes du tourneur Adrian Esteban (pedarra ou gargoulette notamment).
Plusieurs artistes marquent ces années et sont particulièrement recherchés par les collectionneurs : Jean Léon, présent dès 1921, Pedro Garcia de Diego, arrivé en 1927, connu pour ses scènes de vie et vases néo-grecs ; Richard Le Coronne, dès 1928, dont les scènes basques et les débuts du style Jorraila annoncent les décors futurs.
Rodolphe et Suzanne Fischer (1945-1977)
En 1945 les Vilotte cède la poterie, ruinée par la guerre, à Rodolphe et Suzanne Fischer. Le couple relance la création. Face à une clientèle désormais plus populaire, ils diversifient la production : aux grandes pièces s’ajoutent objets décoratifs et utilitaires. Suzanne innove avec des décors émaillés emblématiques comme Jorraila, Clara, Carole ou Alexa.
Dès 1951, la marque de la poterie change et devient RF Ciboure.
Le style Jorraila, inspiré des stèles basques, repose sur une technique de gravure et d’émaillage en relief, tandis que Arroka, dans les années 1960, propose des motifs ciselés dans de la barbotine, aux nuances minérales.
Les décorateurs Marie Fernandez, Maurice David et Roger Berne développent ces décors, en particulier le style néo-basque.
Max et Carmen Fischer (1977-1995)
En 1977, leur fils Max et sa femme Carmen prennent la direction de la poterie. Max comprend très vite que les deux fours à bois de respectivement 700 et 900 litres sont devenus obsolètes et qu’il convient de moderniser l’outil de production. Il dote alors la Poterie d’un four à gaz.
Cependant, la Poterie de Ciboure se heurte à un contexte économique défavorable. L’artisanat d’art, déjà fragilisé par des coûts de production élevés – notamment après la hausse des salaires de Mai 68 –, doit réduire ses effectifs et se séparer de nombreux collaborateurs talentueux. Pour maintenir l’exigence artistique qui a fait sa réputation, le couple Fischer choisit alors d’assumer seul la production.
Pendant plus de quinze ans, leur créativité et leur capacité d’adaptation permettent à Ciboure de rester une terre vivante de poterie d’art. Mais le 31 décembre 1995, l’heure de la retraite sonne et, faute de repreneur, l’activité commerciale s’éteint.
Robert Brandhof, peintre néerlandais qui accompagna Max Fischer dès 1992, en sera le témoin privilégié. Dans son ouvrage La Poterie d’Art de Ciboure, consultable au musée Basque de Bayonne, il relate le dernier enfournement du 10 décembre 1996 et en conserve la mémoire à travers héliographies et peintures.
À l’occasion d’une exposition à Biarritz, il rend hommage à l’audace stylistique de l’atelier, saluant ses pièces uniques aux accents néogrecs, néo-basques ou encore inspirées des décors Jorraila et Arroka, qui continuent d’attirer un public de collectionneurs passionnés.
Quelle est la cote de la poterie de Ciboure aux enchères ?
Si l’intérêt pour les poteries de Ciboure est certain, la cote de ces objets varient selon la période de production :
Ainsi les périodes Floutier-Vilotte-Lucat et Villotte sont particulièrement recherchées. Les grandes productions Art Déco peuvent voir les enchères s’envoler. Un grand vase amphore au décor antique de la période Floutier-Lukas-Vilotte a ainsi été adjugé 12 000 euros en 2018 chez Carrère & Laborie à Pau tandis qu’un Vase ovoïde au décor similaire de la période d’Étienne Vilotte a été adjugé à 6 200 euros en 2024 chez Artcurial à Paris.
De manière générale, les grandes productions de cette période s’adjugent en moyenne entre 1 000 et 2 000 euros. Certaines pièces de Richard Le Coronne peuvent également atteindre ces montants.
Les pièces plus simples ou plus récentes, de la période Fischer, s’adjugent dans les 100 à 200 euros pour les ensembles ou les plus grandes pièces et 30 à 80 euros pour les plus petites.
Comment faire estimer gratuitement vos poteries ?
Vous possédez une poterie de Ciboure ou toute autre poterie ? Nos experts sont à votre écoute pour vous offrir une première estimation, en toute bienveillance. Il vous suffit de remplir notre formulaire en ligne : une démarche gratuite, rapide, et sans engagement.
Dès réception de vos informations, l’un de nos spécialistes – membre de notre équipe composée de commissaires-priseurs et d’experts – prendra contact avec vous. Grâce à leur connaissance approfondie des tendances et des ventes passées, ils vous fourniront une évaluation objective, fondée sur les réalités du marché.
Comment vendre une poterie de Ciboure ?
Si vous envisagez la mise en vente de poteries aux enchères avec Pastor Maison de Ventes, nous vous accompagnerons pas à pas, y compris sur la logistique.
Notre objectif : vous permettre de vendre dans les meilleures conditions, en toute transparence. Contactez-nous dès aujourd’hui !
Comment acheter une poterie de Ciboure aux enchères ?
Vous trouverez une poterie de Ciboure lors des vacations Pastor Maison de Ventes aux Enchères dédiées aux Arts Décoratifs du XXe – Design, Mobilier & Objets d’Art.
Et plus généralement, pour acheter des poteries, céramiques et des sculptures, nous vous invitons à suivre les ventes de la Maison Pastor en salle, et/ou en Live via Interenchères et Drouot.com. Les inscriptions sont gratuites.
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