Estimation d'une Tsuba
Qu'est-ce qu'une Tsuba ?
Sur les armes japonaises, et en particulier le katana, la garde, appelée tsuba, occupe une place à la fois fonctionnelle et esthétique. Elle protège la main du sabreur, empêche le glissement vers le tranchant, participe à l’équilibre de l’arme par effet de contrepoids et joue un rôle dans certaines techniques défensives, notamment sur le tantō.
La tsuba allie une grande simplicité fonctionnelle à une profonde recherche artistique. Symbole de raffinement et de statut social, elle est devenue, à part entière, un véritable objet d’art. Dans la plus grande tradition japonaise où la fonction est indissociable du beau et de la recherche de la perfection, la tsuba a su trouver sa place dans les musées et les collections d’amateurs éclairés.
Sur le marché des enchères, la valeur d’un tsuba peut varier dans des proportions considérables : de quelques centaines d’euros — autour de 200 € pour les pièces les plus modestes — jusqu’à 18 000 € pour les exemplaires rares, signés et d’une qualité d’exécution exceptionnelle. La majorité des adjudications se situe toutefois autour d’une moyenne avoisinant les 1 500 €, preuve d’un marché à la fois actif et nuancé.
Dans ce contexte, l’expertise s’avère déterminante. Identifier l’époque, l’école, les matériaux et l’état de conservation conditionnent directement la valeur. Les commissaires-priseurs et spécialistes Pastor Maison de Ventes sont à votre écoute pour répondre à vos questions et procéder à une estimation gratuite et rigoureuse de votre tsuba.
Estimation gratuite de votre tsuba
Description d'une Tsuba
C’est avant tout un disque de métal d’environ 6 à 8 cm de diamètre (pour un katana) et d’environ 4 à 5 mm d’épaisseur, servant à protéger la main de l’utilisateur. Il est percé en son centre d’une forme triangulaire appelée nakago-ana laissant passer la fusée de la lame (nakago). Autour de ce trou se trouve une surface ovale, plane et dépourvue de décorations appelée seppa-dai (les seppa étant des rondelles de cuivre ou de bronze servant à caler la tsuba lorsqu’elle est montée). C’est ici que l’on retrouvera éventuellement la signature de l’artisan.
De part et d’autre se trouvent généralement deux ouvertures, kozuka-bitsu et kogai-bitsu servant à laisser passer deux petits outils (kogai et kogatana) qui sont glissés dans le fourreau. Ces outils n’étant pas systématiquement présents, les ouvertures sont parfois bouchées avec des matériaux plus ou moins précieux, contrastant parfois avec le reste du décor.
Lorsque le bord de la tsuba est relevé et constitué du même métal, il est appelé mimi. Si c’est un cerclage ajouté plus tard lors de la production ou dans un métal différent, il est appelé fukurin.
Quelles sont les différentes familles de tsuba ?
Il y a deux grandes familles de tsuba : celles en fer (ou tetsu) et celles en métaux mous (ou kinko) composés d'une grande variété d'alliages.
Estimation gratuite de votre tsuba
Quels sont les principaux matériaux utilisés pour une Tsuba ?
Le matériau le plus répandu dans la fabrication des tsuba est le fer (tetsu), généralement patiné pour obtenir une couleur allant du noir au marron/chocolat.
On peut en rencontrer également en argent massif (gin) ou en or massif (kin). Plus courants étant les cuivres, le yamagane plus brut et foncé ou le suaka plus pur, orangé ou brun.
Il existe cependant un grand nombres d’alliages dont les deux plus fameux sont le shakudo, composé généralement de 96% de cuivre et 4% d’or (même si des variations existent) et patiné pour obtenir une finition noire bleutée ou violacée, et le shibuichi, composé lui, à environ ¾ de cuivre et ¼ d’argent dont la couleur peut aller, selon le traitement du gris clair argenté au gris foncé.
On rencontre aussi le bronze, mélange de cuivre et d’étain, appelé sentoku.
Le Tsuba et l'artisanat
Les plus anciens tsuba connus remontent au VIᵉ siècle et sont attribués à l’école de Shitogi. Ils se diffusent davantage à partir de la période de Nara, au VIIIᵉ siècle. D’un dessin rudimentaire, ces premières gardes répondent à une exigence strictement fonctionnelle et défensive.
Un tournant s’opère à l’époque d’Edo (1600-1868), lorsque la pacification du Japon favorise l’essor d’un artisanat d’apparat. Le tsuba devient alors un marqueur esthétique et social, révélant le rang et le raffinement de son propriétaire.
Au XVIIᵉ siècle apparaît notamment la technique du mokume-gane, aux motifs évoquant les veines du bois.
Parmi les ateliers les plus renommés figure l’école de Gotō, fondée par Gotō Yūjō, dont les productions étaient destinées principalement aux sabres de cérémonie. Certaines tsuba, richement ornées — y compris celles réalisées exceptionnellement en bois ou en ivoire pour des usages protocolaires — sont aujourd’hui considérées comme de véritables œuvres d’art et font l’objet de collections spécialisées.
Les décorations du tsuba
Le répertoire décoratif des tsuba se distingue par une richesse et une variété remarquables. Le monde végétal y occupe une place centrale, avec des motifs récurrents tels que le bambou, le paulownia ou le chrysanthème, emblèmes profondément ancrés dans la culture japonaise. Le bestiaire est tout aussi présent : le bœuf et le cheval, essentiels à la vie quotidienne, côtoient la grue et la tortue, symboles de longévité, tandis que le dragon domine l’univers des créatures mythiques.
Un autre motif souvent utilisé est celui des emblèmes de clans (kamon) qui permettent, en plus de leur qualité esthétique intrinsèque, de parfois identifier la ou les maisons représentées sur la garde.
La possibilité de création des tsuba apparaît ainsi presque infinie, les artisans ayant su exploiter avec une grande finesse les innombrables combinaisons de formes, d’alliages et de motifs pour donner naissance à des pièces d’une remarquable singularité, conçues comme de véritables œuvres uniques.
Estimation gratuite de votre tsuba
Quelle est l'estimation d'une tsuba ?
Les tsuba en fer sont généralement regardées comme plus simples, rustiques et martiales même si certaines sont parfois décorées avec une grande finesse.
C’est aussi le matériau se prêtant le mieux pour les décors ajourés (sukashi) et le damasquinage. On peut aussi régulièrement trouver des incrustation (zogan), principalement en laiton mais aussi parfois en métaux plus précieux et, plus rarement, de nacre ou d’émaux cloisonnés.
Les sujets traités sont plus souvent simples,naturels, floraux, d’animaux, parfois plus abstraits ou de symboliques religieuses.
Ces tsuba sont les plus répandues et leur valeur est généralement plus faibles. Une centaine d’euros pour les modèles de moindre qualité, certaines pièces plus travaillées peuvent être adjugée de 200 à 600€. Certaines pièces plus fines, ou portant la signature d’un bon artisan feront grimper les prix jusqu’à plusieurs milliers d’euros.
Des pièces de l’école Onin ont récemment trouvé preneurs à 6 000 et 7 000€.
Certaines tsuba anciennes ont dépassé les 3 000€, plus pour leur valeur historique qu’artistique.
Estimation gratuite de votre tsuba
Estimation d'une tsuba kinko
Les tsuba kinko regroupent toutes celles fabriquées dans d’autres métaux et alliages. Ceux-ci étant plus tendres que le fer, ils se prêtent très bien au ciselage, parfois dans des bas-reliefs très prononcés, aux gravures, aux incrustations et au traitement de la surface, notamment en nanako (« œufs de poisson »), très recherché.
Les mélanges d’alliages et de métaux sont courants et donnent parfois de forts jeux de couleurs et permettent la réalisation de décors très riches, de personnages historiques ou mythologiques, d’architecture, de coquillages, de scènes de batailles.
Cette famille, la plus vaste, est généralement tenue pour la plus recherchée par les collectionneurs, en raison de la richesse iconographique et de la grande diversité des matériaux employés. Si l’on rencontre naturellement des exemplaires de qualité plus modeste, le cœur du marché se situe le plus souvent dans une fourchette comprise entre 800 et 2 000 euros. Les pièces d’un niveau d’exécution supérieur, notamment celles attribuées à de grands maîtres ou à des écoles réputées, peuvent, quant à elles, atteindre des adjudications nettement plus élevées, oscillant entre 6 000 et 8 000 euros.
Les pièces les plus rares
Plus rares et très recherchées, les pièces d’artisan de renoms, de familles ou d’écoles très spécifiques telles que Goto, Shoami, Tanaka, Hirata ou Umetada et qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros !
Par exemple une tsuba de l’école Goto a pu atteindre 6 000€ alors que des pièces signées Tanaka sont vendues 11 000€ et 22 000€. Ces prix s’expliquent par la différence de génération des artisans, ainsi que les sujets traités.
Estimation gratuite de votre tsuba
Les autres tsuba
On rencontre assez fréquemment des tsuba de style Nanban — littéralement « barbares du Sud » — une appellation donnée aux pièces d’inspiration étrangère, issues des échanges avec l’Europe, principalement portugaise et hollandaise, à partir du XVIᵉ siècle. Réalisées le plus souvent en fer, elles se distinguent par un décor ciselé de rinceaux, de motifs végétaux foisonnants ou de dragons stylisés, dans un vocabulaire ornemental résolument différent des canons japonais traditionnels.
Moins prisées que les productions des grandes écoles classiques, ces tsuba Nanban n’en demeurent pas moins recherchées pour leur caractère hybride et leur puissance décorative. Si la majorité se négocie à des niveaux modérés, certains exemplaires particulièrement bien conservés ou à la composition remarquable peuvent néanmoins dépasser les 2 000 à 3 000 euros en salle des ventes.
Plus rare et très désirable, le décors dit mukade (mille pattes) ou Shingen. Ces tsuba très originales qui donnent l’impression d’être tressées de fils de laiton ou cuivre et ont un aspect de vannerie. Son nom vient de l’aspect de la tsuba, ressemblant à un mille patte enroulé sur lui-même. Son autre nom viendrait de la légende que le très célèbre seigneur de la guerre Takeda Shingen (1521 – 1573) aurait enroulé un fil de laiton dans les interstices de sa tsuba pour se détendre et se concentrer avant une bataille.
Ces pièces assez rares sur le marché, recherchées par les collectionneurs et atteignent le souvent le millier d’euros, dont une, par exemple, s’est vue adjugée à 3 120 € en 2024.
Autre technique intéressante et recherchée le guri bori, plusieurs couches de métaux de couleurs différentes sont soudées puis des motifs sont creusés à la surface, révélant le « feuilletage » des métaux, rappelant la technique de laque traditionnelle chinoise tsuishu.
Un bel exemplaire peut s'estimer 3 000 € aux enchères.
Comment faire estimer gratuitement une Tsuba par Pastor Maison de Ventes ?
Ce marché exigeant est marqué par la circulation de nombreux faux et attributions hasardeuses, rendant l’expertise indispensable. Faire estimer sa tsuba par une maison de ventes reconnue n’est donc pas une option, mais une nécessité.
En définitive, les écarts de prix observés sur le marché des tsuba peuvent être considérables. En s’appuyant sur l’expérience de Pastor Maison de Ventes et sur l’analyse rigoureuse de ses commissaires-priseurs et experts spécialisés, les vendeurs bénéficient d’une estimation fiable, d’un regard éclairé sur l’origine et la valeur réelle de leur pièce, et d’un accompagnement sécurisé et bienveillant.
Estimation gratuite de votre tsuba